Si l’on m’avait dit qu’un jour, je traverserai la Chine du Nord Est au Sud Ouest en train et que je traverserai une partie du Yunnan en bus, je pense que j’aurai réfléchi à 2 fois. Et pourtant, c’est ce que Yoran et moi venons de vivre pendant les vacances de Pâques.
Partis en avion de Hong Kong pour Pékin, Yoran, Mathis et moi avons accompagné Frank, en déplacement à Pékin pour 5 jours.
Bilan de la semaine :
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une journée de tourisme, au cours de laquelle nous avons découvert la Muraille de Chine et le palais d’été des Empereurs de Chine,
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une journée de repos, car Yoran nous a fait une poussée de fièvre à près de 39°C.
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et 3 jours, où nous avons découvert l’univers des hôpitaux chinois, avec un verdict imparable : Yoran ne peut pas reprendre l’avion pour rentrer à Hong Kong...
Ne voulant pas passer une semaine à l’hôtel à Pékin, en attendant que l’état de santé de Yoran s’améliore et ne voulant pas passer à coté du voyage de Lijiang, dont on nous avait fait beaucoup de louanges, je propose à Yoran de rejoindre le Yunnan en train.
Frank étant le pilote, il doit assurer le vol de retour Pékin Shenzhen. Mathis l'accompagnera en passager, comme prévu initialement.
3200 km de Pékin à Kunming (dans le Yunnan) en train pour 38 heures de voyage, dont 2 nuits [Train n° T61 – 16 :50, arrivée J+2 à 7 :30] puis 550 km en bus couchette, 8 heures pour rejoindre Lijiang, notre lieu de villégiature au nord du Yunnan : 3 jours de voyage qui nous ont fait vivre une expérience loin des circuits touristiques.
Le bon déroulement de ce voyage est en grande partie due à l’aide reçue par plusieurs chinois qui se sont vraiment démenés pour que tout se passe bien.
Ainsi, je dois dire mille merci à Justin, un collègue chinois de Frank à pékin, qui nous a trouvé les billets de train et qui nous a accompagné jusqu’à notre compartiment lors du départ. Il m’a même envoyé un SMS au cours de notre voyage dans le train pour nous donner des informations sur les bus entre Kunming et Lijiang.
Merci également à Bruno (organisateur de notre voyage à Lijiang) et Philippe (guide chinois parlant français), qui ont tout organisé pour que notre voyage entre Kunming et Lijiang se passe pour le mieux.
Ainsi, une chinoise parlant anglais nous attendait à notre arrivée au train de Kunming. Elle s’est occupée de nos billets de bus (ce qui m’a bien enlevé une épine du pied et nous a fait gagner un temps précieux).
Et arrivés à Lijiang, Philippe a pris les choses en main pour que le taxi nous amène à notre hôtel. Et que dire du confort d’avoir un téléphone portable, outil de communication bien utile dans ce genre de situation.
Que ce soit dans le train ou dans le bus, nous étions les 2 seuls occidentaux. Nous étions donc les bêtes curieuses. Ceci d’autant plus que nous n’étions pas 2 adultes en voyage mais une femme et un enfant. D’ailleurs, je n’ai pas compté le nombre de fois que Yoran a été pris en photo, et encore moins le nombre de fois où on nous a dit que Yoran était mignon.
Nous avons, au cours de ce voyage mesuré l’importance de la barrière de la langue. Difficile de se faire comprendre ou de comprendre ce que l’on nous dit. Ce voyage a été pour moi comme pour Yoran l’opportunité de mettre en pratique notre embryon de mandarin. Nous avons rencontré des personnes très attentionnées, qui ont fait des efforts pour nous comprendre. Heureusement que nous avions quelques livres de mandarin avec nous. Et cela était assez amusant de nous voir plonger dans nos livres à la recherche d’un mot, d’une expression. Pendant plus de 20 mn, une femme a essayé de me dire quelque chose sur Yoran. Malheureusement, je ne comprenais pas ‘Wo bu dong’; quand son mari a finalement trouvé le caractère chinois correspondant dans l’un de mes livres: ‘Ta shi piaoliang’ : ‘il est mignon’.
Le langage des gestes aide aussi dans beaucoup de cas. Ainsi, dans le bus, j’ai eu un horrible mal de crâne à cause de la cigarette dans le bus ‘Wo bu shufu’ ‘je ne vais pas bien’. Une jeune fille a compris que j’avais mal à la tête et m’a proposé quelque chose pour me soulager.
Coté confort, nous n’avons pas eu à nous plaindre. Dans le train, nous avions choisi un billet 1ère classe, car nous ne savions pas ce qui nous attendait. Bien, nous en a pris. Nous avions un compartiment couchettes 4 personnes, qui correspond au niveau confort à un 2ème classe en France. Par contre, si nous avions pris la catégorie au dessous, nous nous serions retrouvés dans un wagon sans compartiment, rempli de couchettes sur 3 niveaux.
Je pense que dans ce cas là, le voyage se serait beaucoup moins bien déroulé, du fait de la promiscuité mais également du manque d’incivilités de certains chinois. En effet, et c’est toute la contradiction de la Chine : si nous avons rencontré des gens très attentionnés, nous avons également rencontré d’autres chinois, sans la moindre marque de civisme : les gens fument, rôtent, parlent fort. Je ne sais pas s’il est interdit de fumer dans les trains, mais dans le bus, l’interdiction affichée n’a pas empêché certains de fumer. Et dans un endroit aussi petit, non aéré, c’est une vraie catastrophe.
Sinon, le bus était confortable. Et si, j’ai de prime abord j’étais surprise qu’il s’agisse d’un bus couchette alors que nous voyagions de jour, j’ai finalement apprécié, compte-tenu de la durée du trajet.
Côté nourriture, le bilan est plutôt mitigé. La plupart des plats étaient épicés, et ce n’est pas trop notre ‘tasse de thé’. Dans le train, il y a un wagon restaurant, avec cuisine. Les chinois mangent très tôt. Aussi, lorsque nous avons décidé d’aller manger vers 19h30, il n’y avait déjà plus personne dans le restaurant.
Lors de notre trajet en bus, nous nous sommes arrêté sur une ‘aire de repos chinoise’. Yoran n’a pas voulu manger, car il ne trouvait pas cela appétissant et je ne peux pas lui en vouloir. Heureusement, nous avions acheté bananes et gâteaux avant de partir. Là aussi, nous avons vu un autre coté de la civilité chinoise : ils sont sales. Et peu importe que des poubelles soient à leur disposition, ils jettent tout par terre.
La police était présente dans le train. Je ne sais pas si c’est quelque chose d’habituel ou si c’était en relation avec les récents évènements du Tibet.
Et le tourisme dans tout cela, me direz-vous? Faire 3200 km en train et 550 km en bus, nous a fait découvrir une grande diversité de paysage urbain et campagnard. Cependant, la nuit tombant à 19h00, nous en avons manqué une grande partie.
Le départ de Pékin fut plutôt triste. Banlieue : beaucoup de zones pauvres, des zones industrielles comme tout zone urbaine qui se respecte. Partis à 17h00, la nuit est tombée très vite. Le lendemain matin, nous avions quitté la ville pour des zones de campagnes, très vallonnées : de superbes paysages, de champs de colza en fleurs, des hectares de champs cultivés, en petites parcelles rectangulaires, qui ont nous permis d’admirer et de découvrir un paysage très diversifié.
Dans la soirée du 2ème jour, nous avons traversé la région de Chongqing, région très industrielle (il s’agit d’une des 4 villes autonomes de Chine, au même titre que Pékin, Shanghai ou Tianjin). Le soleil levant du 3ème jour s’est levé sur la région du Yunnan que notre périple en bus nous a fait découvrir un peu plus tard. Montagneuse, verdoyante, de belles maisons blanches, sur lesquelles ont été peint dinosaures ou autre motifs colorés, la région du Yunnan est superbe. On y a retrouvé les hectares cultivés sous formes de petites parcelles, de nombreux canaux d’irrigation séparent ces parcelles de terre.
La modernité est ici présente, non pas par la présence d’outils motorisés (tout se fait à la main, à la faux…), mais par la présence de bâches qui protègent les plantations ou de serres..
Très rapidement après Kunming, nous avons commencé à découvrir les architectures des maisons qui ont rendu la région touristique, et plus particulièrement Lijiang, notre point de départ de notre 2ème semaine de vacances.
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