Je suis rentré le mardi 20 Janvier 2009 de Shanghai, après 10 jours dans cette ville qui m'était alors inconnue. Dix jours qui ont finalement passé plutôt vite, tant le programme était pour le moins chargé.
D'abord 3 jours
de visite médicale. Presque deux jours pour les critères pilotes, et une journée pour l'immigration, mais finalement deux visites complètes. Tout y est passé, test d'effort sur tapis roulant, ECG, EEG, prises de sang (drogues, SIDA, etc.), radiographies, examens palpations et questionnaires approfondis (même des organes génitaux, une première pour moi depuis 18 années de visites médicales dans l'aérien, mais bon les pilotes ont une telle réputation...).
Un hopital vétuste, glacial (sans chauffage) malgré une température extérieure de 0 degré, quelques ampoules basse consommation qui tentent peniblement d'éclairer
les couloirs sombres et passés par le temps. Un matériel tellement vétuste que je me retrouve avec une accuité visuelle désastreuse pour la vision de loin comme de près, ce qui au final m'impose de porter des lunettes. Le même examen à Hong Kong montre en fait que je n'ai besoin de lunettes que pour lire et que je suis à la limite haute du port (obligatoire) de lunettes de vue pour piloter. En fait cela fait trois années que le médecin me dit... on verra cela l'année prochaine.
Heureusement, la visite médicale pour l'ímmigration est réalisée dans de meilleures conditions d'équipement et ramène ma vision à une certaine réalité, sauf que les deux visites médicales ne "communiquent" absolument pas !
Tout est écrit en chinois, et pour nous guider dans ce labyrithe d'incompréhensions, le médecin de la compagnie (qui ne parle pas Anglais non plus) vous prend par le bras et vous traîne de salle en salle.
Les photos ci-dessous montrent toute la barrière que constitue l'impossibilité de communiquer dans cette langue qu'est le mandarin sans des notions avancées tant en expression qu'en lecture.
Un entretien professionel avec un représentant de la compagnie qui ne connait pas le départment qui gère les avions sur lesquels nous allons voler, et qui ne peut donc répondre à aucune question. Totalement inutile...
Enfin, les jours suivants on été consacrés aux révisions pour l'examen théorique du Brevet de Pilote de Ligne Chinois qui se devaient pour le moins très studieuses, tant l'examen est réputé difficile. Cent questions couvrant l'ensemble des champs de l'aviation professionnelle :
- Aérodynamique
- Moteurs et réacteurs
- Navigation
- Météorologie
- Performances
- Chargements
- Operations aériennes
- performances humaines
- Lois et règlementations
Il faut avoir 70% de bonnes réponses pour obtenir le théorique. J'ai obtenu 80%. Sur les 12 pilotes que constituaient notre groupe, 5 ont réussi et... 7 ont échoué.
Etrangement, même après 10 jours au sein de la compagnie, je ne sais toujours rien sur les clauses du contrat qui devrait me lier tôt ou tard à cette compagnie, ce qui est pour le moins inquiétant et stressant. Il est extrêmenent difficile de se faire une idée de ce qui nous attend, et ceci reflète plutôt bien le degré d'organisation des chinois dans ce domaine.
Je pense que vous comprenez maintenant pourquoi j'ai du mal à me faire à l'idée d'aller travailler en Chine... mais en attendant la reprise, les options sont quasi inexistantes.
A suivre, absolument... |
Ce formulaire m'a été remis tel quel, c'est-à-dire qu'il a été rempli par une tierce personne qui a systématiquement répondu "non" sans m'avoir jamais questionné...