L’année dernière, je vous avais raconté quelques anecdotes sur les embouteillages de Jakarta. En expliquant qu’il m’avait fallu 1h30 pour faire un trajet de normalement 5 mn en voiture (15 mn à pied). Et bien cette année, nous avons battu les records puisque pour faire la moitié de cette même distance (soit environ 700 m), il m’a fallu 1h30. Inutile de vous dire que j’ai fini à pied sous la pluie en abandonnant lâchement notre chauffeur au beau milieu de cet embouteillage, ou plutôt de cet immobilisme total.
Il est 16h00, lorsque je sors d’un centre commercial, où je suis allée faire quelques courses. L’orage gronde, il pleut à torrent, le parking est inondé. Le chauffeur arrive et nous partons à destination de la maison. La première ½ heure se passe relativement bien. Nous passons dans des endroits complètement inondés mais sans trop d’encombre. A à 6h30 nous arrivons au carrefour de Cipete Raya et Fatmawati et passons devant le centre commercial DBest, qui se trouve à environ 950 m de la maison. Je poursuis ma lecture dans la voiture.
A plusieurs reprises je regarde l’heure. A 17h15, je craque, nous avons à peine fait 200 m. Je décide donc de rentrer à pied. Il pleut mais il ne me reste que 500 m à faire et puis, je pourrai toujours me changer en arrivant à la maison. Mais les embouteillages sont tels que je ne peux même pas avancer à pied. Les motos et scooters ont envahi le plus petit centimètre carré tant sur la route que sur les trottoirs. Je patiente donc et avance tout de même plus vite que les voitures. Au bout de 100 m, nouvelle surprise : la route est libre et vide de voiture. Derrière moi, immobilisme total, et devant moi, vide total. Etrange et pourtant parfaitement compréhensible lorsque l’on connait l’infrastructure routière de la ville de Jakarta. En effet, on ne tourne pas où l’on veut sur une rue de Jakarta à cause des bordures centrales. Si sur Fatmawati, la voie de gauche est partiellement libre, la voie de droite est totalement paralysée. Or, de nombreuses voitures qui se trouvent sur la voie de gauche veulent passer sur la voie de droite (chose impossible, puisque la voie est bloquée). Mais impossible n’est pas ‘indonésien’, la ‘patience’ est leur maître mot (si on peut encore parler de patience !). Alors plutôt que de trouver une autre route, ils attendent qu’un trou se fasse pour s’y infiltrer. Et voilà comment, il faut 1h30 pour faire 700 m.
Et pour vous prouver que je n’affabule pas, admirez les photos (soyez indulgents, elles sont prises avec un téléphone).
Frank de son côté a mis 4 heures pour rentrer de l’aéroport ; un trajet d’une heure environ. Dans le ciel, c'était aussi le chaos, surtout pour les avions à l'arrivée. De nombreux vols arrivant sur la ville ont été mis en attente pendant plusieurs dizaines de minutes avant de pouvoir atterrir. Les turbulences, la force et le bruit des gouttes de pluie s'écrasant sur la cabine rendent les passagers extrêmement silencieux et... inquiets, quand ce n'est pas de la panique !
Ah, j’oubliais, c’est actuellement supposé être la saison sèche en Indonésie…! En fait, il n’y a pas de saison sèche cette année. Il pleut pratiquement tous les jours et les orages équatoriaux déversent des tonnes d’eau que le système d’évacuation des eaux usées (qualifié de jurassique par les indonésiens) ne peut contenir et réguler.
Lors de ce dernier orage du 25 Octobre, même les parties de la ville normalement épargnées, comme celui de l’ambassade de France ont été immergées sous parfois un mètre d’eau, semant le chaos dans la ville. Les indonésiens interpellent régulièrement les politiques sans véritablement d’effet, car c’est toute l’infrastructure profonde de la ville qu’il faut reconsidérer.
Les journaux se sont fait l’écho de cette soirée noire. En cliquant ici vous aurez accès à l’édition électronique du The Jakarta Globe (en Anglais seulement).