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kerino s'invite sur le rinjani
L’Indonésie se situe sur la ceinture de feu du Pacifique. C'est aussi le pays possédant le plus de volcans au monde : 147 volcans.
Le Gunung (volcan) Rinjani est l’un d’entre eux et le 2ème par son altitude : 3726 m. Il est situé sur l’île de Lombok (située à l’Est de Bali) et est le seul volcan de cette île. Et c’est le Rinjani que nous (Anne, Françoise et Cécile), avons décidé de découvrir au cours d’un trekking de 4 jours et 3 nuits.
Nous savions que ce serait dur… et nous confirmons que ça a été très dur. Et ceci d’autant plus que nous ne sommes pas des adeptes des trekking. La marche ne nous fait pas peur, mais la marche en montagne est un réel challenge sportif. Qu’à cela ne tienne, nous avons décidé de partir.
jour 1 : l'aventure commence

L’aventure a commencé dès notre départ de Bali, où notre avion avait plus d’un demi-heure de retard. Arrivées à Lombok le lundi soir, nous sommes accueillies par notre organisateur qui nous conduit à Senaru.

1ère surprise : j’ai mal compris le contenu du package du trek. J’avais compris que les porteurs portaient tout le matériel y compris nos propres affaires. Or, les porteurs se chargent de la nourriture pour 4 jours, des tentes et matériel de couchage, mais c’est à nous de porter nos affaires personnelles.

Inquiétude : allons-nous être capable de faire ce trekking en portant un sac à dos ? Nous voici en train de trier nos sacs, pour ne prendre que le strict, strict minimum : 2 t-shirts au lieu de 4, 1 pantalon au lieu de 2, 1 trousse de toilette pour 3… Nous gardons précieusement notre polaire, un poncho, un maillot de bain et nos bâtons de marche.

jour 2 : le départ avec le sourire mais pour combien de temps !

Réveil à 6 :00 du matin et 2ème surprise : un bruit étrange s’échappe du short de Cécile, qu’est-ce que c’est : un scorpion, un serpent ?
Après une bonne poussée d’adrénaline, et un short jeté à l’extérieur de la chambre  à l’aide du bâton de marche, nous découvrons une sorte de gros coléoptère inoffensif. Soulagement !

Au petit déjeuner, pas de coléoptère mais un excellent pancake à la banane accompagné de thé.  Nous voici d’attaque pour notre périple. Mais une heure de pick up nous sépare encore de notre point de départ : Sembalun Lawang (1156m).

Enregistrement au RIC (les trekkings en solo sont interdits, il faut prendre un guide et payer un droit d’entrée). Déjà 9h30, le soleil est haut et il fait très chaud quand nous démarrons. Nous traversons des prairies et croisons des vaches qui broutent paisiblement.

Après 2h de marche, nous découvrons notre 1ère pause : sous un toit de taule rouillée ; On voit tout au long de notre trek des traces d’aménagement  pour permettre aux randonneurs de se reposer. Cependant, l’entretien est quasi inexistant.

Notre 2ème halte, pause déjeuner, va nous permettre de découvrir ce que les paniers des porteurs contiennent : non pas des menus lyophilisés (style pop mie) ou des sandwichs tout prêts ; non, ils portent eau,  carottes, pommes de terre, ail, oignons, œufs, viande, œufs, ananas..., mais aussi casseroles, bouilloire et pour ce 1er repas, nous nous régalons d’un mie : plat de nouilles avec de nombreux légumes et un petit morceau de poulet. Notre halte va devoir se prolonger à cause de la pluie. Et après 2 heures d’attente nous décidons de partir ; l’occasion pour nous de sortir nos ponchos.

Après une heure tranquille, nous commençons une montée dans la forêt. La pluie qui vient de tomber ne facilite pas l’ascension. Après quelques heures de marche nous arrivons à notre 1er camp, Plawangan (2,639m). Il fait déjà nuit. Nos porteurs nous ont devancées pour monter la tente, mais ils ont quelques problèmes de montage. Nous devons donc attendre un peu.

Il fait maintenant nuit noire et nous devons utiliser nos lampes torche pour nous installer dans la tente, et mettre autant que possible nos affaires à sécher. Le ciel est couvert et nous ne verrons donc pas le sommet que nous avons décidé d’affronter dès le lendemain.

Peut-être est-ce mieux ainsi ! Il fait froid et humide. Cécile décide de dormir avec son polaire malgré les sacs de couchage assez épais qui nous sont fournis.

jour 3 : l'ascension est exténuante, les jambes flagellent et le souffle est court !

La nuit a été courte et froide. Françoise a eu froid et n’a pratiquement pas dormi. Le réveil est prévu à 2h30, mais nous sommes réveillées depuis longtemps. Le guide nous apporte des gâteaux et un thé avant de démarrer l’ascension. Mais nous ne sommes pas très en forme et nous ne prenons pas le temps de manger. Il est 3h00, les autres randonneurs sont déjà partis et il est temps d’en faire de même.

Dès les 1ers mètres, nous sommes mises en condition : ça ne va pas être facile. Notre camp est à 2639 m d’altitude, le sommet à 3729 m. Par contre, le ciel est dégagé et c’est la pleine lune. Elle va éclairer nos pas tout au long de l’ascension. Nous peinons dès le départ, et nous nous interrogeons sur notre capacité à faire ce trekking. Le guide nous dit d’essayer, et si nous ne pouvons pas, nous pouvons toujours faire demi-tour.

Une 1ère heure de chemin très pentu et glissant nous amène au sommet du 1er cratère. Il fait encore nuit, mais la pleine lune nous donne l’occasion de deviner un paysage superbe.

Nous  poursuivons et à plusieurs reprises le désir d’abandon est présent, J’avance comme un robot, prenant le prétexte d’une photo pour reprendre mon souffle. Cécile est bien devant. A voir les autres avancer, cela semble si simple. Et pourtant ! Le guide n’est guère optimiste, il est bientôt 5h00 et nous dit que nous sommes encore loin... souhaiterait-il nous décourager ? Il rajoute que les 300 derniers mètres sont les plus durs. Alors, je décide d’aller jusqu’au bas de ces 300m et tant pis pour le sommet.

La route qui nous amène à ces 300 derniers mètres est interminable, et je peine toujours. Il est 5h45, nous savons que nous allons louper le lever du soleil au sommet (jamais nous ne serons à 6h00 là-haut). Cécile est devant (mais pas au sommet), elle me dit que de là où elle est, elle voit le lever du soleil. Cela me donne de l’énergie et je la rejoins : c’est le début des 300m éprouvants. Effectivement, le soleil se lève sur Lombok, et derrière nous la lune nous éclaire toujours.

Malgré la lenteur de nos pas, nous sommes en train  de dépasser un groupe de coréens. Est-ce cela qui m’a donné du courage ou est-ce le fait d’apercevoir d’autres randonneurs au loin devant nous qui poursuivent lentement mais sûrement leur ascension ? Je ne sais pas, mais je décide encore d’avancer un peu. La montée est éreintante. On s’enfonce dans le terrain, on avance de 30 cm et reculons de 15. A chaque pas, nous devons reprendre notre respiration.

Il est 6h30, et nous montons toujours, tandis que quelques personnes commencent à descendre, elles nous encouragent. Le guide est resté en contrebas. Peut-être pensait-il que nous allions abandonner avant ?) Il nous rejoint pour nous encourager. 6h45 jusqu'au sommet. Il nous aura fallu 1 heure pour faire 300 mètres.  Un autrichien que nous avions rencontré la veille commence sa descente et nous dit : « C’est de la pure folie ! ».

15mn au sommet : le temps de grignoter un gâteau et de faire une photo.

Mais au-delà de montée, j’appréhendais également la descente. Et les fameux 300m furent dévalés en slalomant et en se laissant glisser sur le terrain sablonneux. La descente demandait toute notre attention pour ne pas tomber (ce qui m’est toutefois arrivée 4 ou 5 fois). S’il nous a fallu près de 3h30 pour monter, 2 heures nous ont suffi pour descendre.

De retour au camp, nous avons pris notre petit déjeuner : à nouveau pancake à la banane pour toutes …. Enfin presque ! Françoise a du partager son pancake avec …. les singes... Petit déjeuner, ½ heure de pause et nous voici reparties, direction le lac Segara Anak (2000m).

Près de 3 heures de descente laborieuse sur un chemin rocheux très pentu, où l’attention était de mise à chaque pas.  Les nuages jouent avec nous  et un jeu de cache cache avec le lac s’installe. Nous sommes partis du sommet avec un soleil resplendissant, mais très vite les nuages passent et repassent à une vitesse impressionnante, nous permettant de deviner la beauté du lac par intermittence.

Arrivées au lac vers 13h00, nous avons rapidement pu nous installer dans les tentes qui étaient montées avant notre arrivée. Si nous n’avons pas nagé dans le lac, nous avons profité de la source d’eau chaude (environ 40 deg. C) à proximité. Nous avons passé la nuit au bord du lac.

jour 4 : encore 400 m de dénivelé en montée au programme et plus de 1000 m en descente !

Réveil 8h00. Nous avons pris un trek sur 4 jours, on va donc pouvoir prendre notre temps pour finir. Et pourtant nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

Après un petit déjeuner, une petite balade au bord du lac, nous disons au revoir à notre camp d’un jour. Nous devons contourner une partie du lac et grimper de l’autre côté afin de rejoindre notre destination finale le lendemain.

Paysages magnifiques et vue splendide sur le lac et le mont Baru (volcan encore en activité, 2351m), situé au milieu du lac. Montée difficile, avec des portions de plat qui nous permettent de récupérer. Les pauses photos sont nombreuses et on en profite pour admirer la végétation (champignons, arbres et fleurs, notamment les edelweiss qui sont encore fermées). Nous nous attardons quelques instants en haut du mont pour admirer une dernière fois le lac.

Le plus dur est passé. Il ne nous reste plus qu’à descendre. Sur le chemin du retour, nous rencontrons les prochains clients, frais et souriants comme nous au 1er jour. Pourtant, nous sommes inquiets pour certains : leur équipement nous parait léger pour ce qu’ils vont affronter. (pas de bâton, tennis de base, t-shirt et pas de vêtement de pluie….).

Nous décidons de monter notre tente dans la forêt et ainsi nous rapprocher le plus possible de notre destination : le village de Senaru (601m). La tente est montée sur un gazébo, sorte d’abri de jardin, ce qui est pour le moins original original ! Ceci nous protège partiellement de l’humidité régnante. 

3ème et dernière nuit sous la tente. Nous avons appris à nous organiser tant bien que mal à 3 sous la tente. Nous avons aussi appris que c’était peine perdue de vouloir faire sécher ses affaires. Demain nous remettrons nos vêtements mouillés (par la pluie ou la transpiration). Et si nous avons réussi à nous laver les dents, la douche devra encore attendre. Car s’il y a quelques endroits qui semblent aménagés, cela reste du camping sauvage et… pour les besoins naturels, les arbres nous ont offert de nombreux coins discrets.

Et si après avoir lu ces quelques lignes, vous envisagez de vivre l’expérience, surtout, surtout n’oubliez pas ‘le rouleau de papier toilette’.

Pour ce dernier soir, le guide nous propose un feu de camp. En réalité, il s’agit d’un feu sous le gazébo (qui est une structure en... bois ici). Et oui, vous avez bien lu... J’ai regardé 2 fois, pour être sûre que le plancher du gazébo ne prenait pas feu, et il a juste noircit. Allez, bonne nuit !

jour 5 : nous l’avons fait… et nous nous retournons sur notre exploit !

Dernier jour et derniers kilomètres. Encore de la descente en perspective. La pluie va nous accompagner sur une partie du chemin et rendre la descente quelque peu délicate.

A quelques centaines de mètres du but, je glisse et me rattrape de justesse. Dommage de se blesser si près de la fin. Tandis que nous nous protégeons sous nos ponchos, d’autres utilisent des moyens plus locaux : des feuilles de banane.

Et voilà, nous revenons à notre point de départ. Il ne reste plus qu’à dire merci à notre guide et aux porteurs qui ont été super sympa tout au long de ce séjour.

Après s’être changées et avoir récupérer les affaires laissés en début de trek, nous reprenons la route pour 2 heures (en voiture), pour rejoindre l’aéroport de Mataram, où nous devrons patienter encore un peu avant de prendre notre avion, qui une fois de plus est en retard.

Et les porteurs ?

Nous sommes parties avec le minimum et nous avons tout utilisé : une bonne paire de chaussures de marche nous a permis de gravir des sentiers très difficiles, notre polaire pour affronter le froid des hauteurs, notre poncho nous a protégé des quelques pluies fortes et notre bâton a été notre fidèle compagnon tout au long de ce trek.

Et pourtant, notre guide et les porteurs sont partis avec encore moins d’affaires personnelles. Et pour cause, ils portaient déjà nos tentes et notre nourriture (35 kg sur les épaules), mais aussi l’eau. Et pour eux, pas besoin de chaussures de marche : ils ont une paire de tong et nous en avons même vu faire ce trek pieds nus.

Ils sont toujours partis après nous, le temps de défaire les tentes et de ranger les lieux … et ils sont toujours arrivés avant nous. Le temps de monter les tentes et de commencer à préparer les repas.  Quand on connait les passages étroits et pentus du parcours, je dis juste « Chapeau ! ».

Et j’allais oublier ; non seulement ils courent sur les chemins, portant plus de 35 kg sur les épaules,mais en plus ils fument comme des pompiers. Une chose est sûre : ils n’ont pas la même condition physique que nous.

Un bémol pourtant !

Je ne souhaite pas finir sur une note négative, et pourtant, il est difficile de ne pas parler de la saleté omniprésente : des papiers, des bouteilles plastiques… d'ailleurs comme partout en Indonésie. Bien sûr, il y a des poubelles aux points de repos. Mais les singes se chargent de les vider à la recherche de quelque nourriture et ne ne se donnent pas la peine de faire le ménage. Les zones sont nettoyées mais de façon irrégulière. A cela, notre guide nous a confirmé que les indonésiens n’étaient pas sensibilisés au problème de l’environnement et pour eux jeter un papier n’importe où ne leur pose aucun problème.

Malgré cela, le voyage en vaut la peine. Un projet d’inscription au patrimoine de l’Unesco a été monté. Je ne sais pas quand et si ce projet verra le jour. Si le cœur vous en dit, préparez-vous physiquement pour tenter l’aventure !

Si nous avons choisi la formule « tour complet », il y a de nombreuses autres formules, allégées en difficulté et en durée. Ainsi le guide, nous a expliqué de de nombreux randonneurs s’arrêtaient au camp de base à 2600 m et ne faisaient pas l’ascension finale. De même, il nous a confirmé que des enfants à partir de 10 ans faisaient ce trekking. Si leur jeunesse leur permet de faire ce trekking, leur manque d’expérience peut rendre ce trek dangereux.

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13 Avril 2012